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Since the Working Group's 21st session in June last year, there
have been some important developments in relation to the issue of
slavery in Mauritania. You will recall that last year the President
of a Mauritanian NGO, SOS-Esclaves (SOS-Slaves) presented information
to the Working Group indicating that cases of slavery were still
occurring on a worrying scale.
The first development occurred in September 1996 when the US Congress
voted to deny economic or military assistance to Mauritania unless
the Government of Mauritania took significant steps against slavery.
The second development came last January, on the eve of Ramadan,
when Mauritania's Head of State launched a public attack on Mauritanians
who continued to complain about slavery, claiming they were conspiring
with the country¹s enemies. Just a few weeks afterwards the leader
of an opposition party who was for many years the leader of the
El-Hor movement, and who is still regarded as one of the
country's foremost anti-slavery campaigners, was detained for several
days.
The Head of State's criticisms also had a quite different effect.
The signalled the opening of a public debate in the country's press
about the nature of slavery in 1990s Mauritania and about the sort
of measures which might still be needed to combat and end slavery.
You will recall that since the Head of State who announced the formal
abolition of slavery in 1980 was overthrown at the end of 1984,
there has been next to no public debate about the issue inside the
country (and the measures required to formally implement the 1981
ordinance prohibiting slavery were never announced), so this recent
development should not be underestimated.
However, the current debate also reflects the disadvantages of suppressing
debate for 13 years. Reading numerous press articles while I was
on a short visit to Nouakchott in April this year, I was struck
that most expressed the opinions of the author but were unsupported
by facts. The lack of fact-finding about slavery means that there
is a shortage of objective information about the current situation,
even though most people I talked to assume that they know what the
real situation is. As opinions vary sharply about whether slavery
still exists in various shapes or forms, it is clear that subjective
views are not a sound basis for forming future policy.
There seems every likelihood that the current debate will be follow
up by the Government announcing some new steps against slavery,
and it would be a great shame if new measures were adopted merely
to deal with what people living in the capital think the problem
is without taking account of the real situation, or, even worse,
simply to meet the requirements of a foreign legislature in the
United States. It would therefore be an excellent initiative for
this Working Group to support and encourage the Government in a
fact-finding exercise as far as both slavery and related forms of
servitude, such as certain share-cropping arrangements and unpaid
domestic service, are concerned.
Although I spent only a week in Mauritania this year and was unable
to visit any of the country outside the capital, it was nevertheless
apparent to me that Mauritania is still experiencing problems relaterd
to slavery and servitude which this Working Group should be concerned
about. The information I was given was not necessarily typical of
problems suffered by people of slave descent, but I would like to
draw your attention to the details of one particular case in order
to illustrate the seriousness of the situation. The case concerns
a woman who was a slave until 1995 and whose case was reported to
you last year: Madame Aïchana mint Abeïd Boïlil. Her testimony was
to be published by a newspaper last March , but it was censored
by the authorities precisely on account of this testimony. I will
read you a number of extracts.
"Dès l'âge de 3-4, j'étais de l¹aube à la nuit, entre les tentes
de la famille de mon maître, Monsieur Ould Moïssa, où je jouais
la rôle de commissionnaire. Au fur et à mesure que je grandissais
on me confiait les travaux domestiques. A l¹âge de 13 ans environ
Mohamed Ould Moïssa me prêta à son cousin Rajel Ould Terruzi et
je restais à son service pendant plusieurs années.
"Je m'acquittais de tous les travaux domestiques et m¹occupais des
enfants en bas âge. C¹est d'ailleurs lui qui a décidé de me marier,
car à ce moment là mon vrai maître était passé au Sénégal avec ses
troupeaux. J'appris plus tard les raisons de ce "prêt" dont je fus
l¹objet. Mohamed Ould Moïssa avait contracté une dette auprès de
Rajel et mon séjour chez ce dernier devait servir à l¹éponger. Quand
j¹appris le retour de mon maître et de sa famille du Sénégal, je
demandais à aller saluer ma mère (qui était avec eux) ...
"Je réintégrai donc le foyer de mon maître et reprenais ma place
de servante, faite de peines et de privations.
"Par la suite Ould Moïssa partagea mes services avec son cousin
Cheikh Ould Terrouzi, chez lequel je travaillais 1 mois 10 jours
avant de repartir chez El Moïssa où je trimais pendant 4 mois et
25 jours.
"Mohamed Ould Moïssa me prêta à ses beaux-parents ... pendant près
de 2 ans pour me "donner” à son demi-frère, Mohamed Salem Ould Mohameddou,
enseignant ... C'était vers 1989. Mes nouveaux maîtres habitaient
à Nouakchott ... Je fis un premier séjour de 15 mois puis un second
de 8 mois, durant lequel j¹eus des divergences avec sa femme qui
me demanda de renvoyer mon second mari Ali Ould Memine. Devant mon
refus, elle fit appel à deux agents de police, familiers de la maison
... puis d¹un vieux gendarme ou garde qui finit par me convaincre
de me rendre à la "convocation du commissaire de police”. Je laissais
mes deux jumeaux âgés de 2 semaines et partis avec lui dans une
camionnette. Celle-ci sortit de la ville vers l¹est ... et à mi-chemin
entre Nouakchott et Wad Naga, elle s¹arrêta et peu après nous fûmes
rejoints par une autre voiture, où il y avait ... les deux policiers.
Il y avait aussi mes deux jumeaux cachés sous les sièges arrière
de la voiture. C'était assez tôt le matin.
On se mit en route pour parvenir à Lemteyyine en milieu de journée.
Là, mes accompagnateurs me remirent à mon maître Mohamed Ould Moïssa
en lui expliquant que mon mari m'incitait à la revolte et qu'ils
ont préféré me ramener à lui. A Lemteyyine je repris mes travaux
habituels jusqu'au jour où Ould Moïssa monta un projet agricole
près de Tamass, dans le Chemâma (environ 18 km à l'est de Rosso).
J'y travaillais en permanence avec 4 autres personnes: ma soeur
... et mes deux cousines ... et un certain Ahmed, un maure qui était
chargé de notre surveillance et celle de la moto-pompe. Nous habitons
dans de petites huttes, à la merci des intempéries, avec pour toute
nourriture un peu de l'huile et un peu de riz, sans aucune viande.
Nous ne percevions aucun salaire ni aucune part de la récolte. Nous
ne quittions jamais le périmètre et pendant l'hivernage nous étions
la proie des moustiques. Je vivais dans ces conditions jusqu'en
1995, où après une dispute avec Ahmed, notre surveillant, je me
réfugeai avec 5 de mes enfants au village de Tambass, chez un parent
à moi.
Une semaine après Ould Moïssa est venu et a envoyé dire qu'il
vient me prendre pour me confier la vente de lait frais près de
Rosso. Je lui fis répondre que je n'étais plus disposée à supporter
son autorité. Le matin de bonne heure, il fait arrêter sa voiture
devant le domicile de mon parent et m'invite avec fermeté de venir
le rejoindre. Mon parent s'interpose et lui demande de sortir de
sa maison et que je ne partirai d'ici que si je le faisais de mon
plein gré. Un grand rassemblement se constitua autour de nous et
il comprenait beaucoup de haratins et d'esclaves, décidés à l'empêcher
de m'emmener de force. Devant cette détermination Ould Moïssa demanda
d'amener les enfants. Je refusai. Pendant plusieurs heures il fit
intervenir les vieux du village et usa lui même des trésors de persuasion
pour obtenir enfin la garde de mes 3 garçons ... Quelques jours
après je quittais Tambas pour Rosso et Nouakchott, grâce à la solidarité
de mes semblables, car j'étais démunie de tout. Je vivotais à Nouakchott
grâce à l'aide d'une parente avant de travailler moi-même comme
bonne. J'étais tourmentée par le sort de mes enfants restés avec
Mohamed Ould Moïssa ... J'éprouvais le besoin de les récupérer mais
je ne voyais pas à qui m'adresser, lorsque quelqu'un me parla d'une
organisation qui aide les esclaves (SOS-ESCLAVES).
"J'écrivis une lettre au Ministre de l'Intérieur où je reclamais
mes enfants séquestrés par Ould Moïssa et les membres de sa famille
et adressai une plainte contre Ould Moïssa au Procureur de la République
à Rosso (25-11-95). Puis ne voyant rien je réécris au Ministre de
la justice ... C'est ce dernier qui réagira le 5 février 1996 à
l'ampliation de ma première lettre et qui demandera au Procureur
Général près la Cour Suprême d'intervenir pour que mes enfants me
soient rendus. C'est ainsi que mes enfants ... m'ont été rendus
par la gendarmerie de Rosso, le 23-3-96 avant d'être rejoints par
la fille El Barra le 15 janvier 1997.”
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